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Mardi 22 janvier 2013 2 22 /01 /Jan /2013 17:21

Reçu sur ma messagerie professionnelle :


Le-grade-de-personne.png

 

Je ne sais pas si je serais reçu...

 

 

Addendum du 28 janvier : trouvé sur le site de Libération de quoi consoler les recalés.

 

La-rencontre-par-affinite-culturelle.png

Par Ali Devine
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Vendredi 28 décembre 2012 5 28 /12 /Déc /2012 22:32

Soirée du 25 décembre. Tant de viande mangée. Je dois sortir et marcher. La nuit tombe, il fait doux et humide, le vent souffle en rafales suivies de calme plat. Les rues de la ville sont totalement désertes si l’on excepte de rares réveillonneurs en retard, deux ou trois promeneurs de chiens et moi-même. Hors de cette nomenclature je ne vois qu’une jolie fille sortie fumer au pas de sa porte, surgie devant moi sur le trottoir et que je frôle. On échange un regard, elle est jolie et paraît flotter entre deux ennuis, on pourrait se parler mais on ne le fait pas. Derrière les rideaux la population réfugiée devant des sapins qui clignotent ou, plus souvent, dans les faisceaux blancs d’écrans géants. La ville nocturne est pleine de lumières étranges : lampadaires à gros bulbes oranges, illuminations suspendues sur les boulevards et guirlandes qui se balancent dans le vent, mise en lumière patrimoniale du tour de la grand place, marché de Noël abandonné mais teint par des spots aux couleurs écoeurantes, lune intermittente, vitrines assurant durant cette courte trêve la veille perpétuelle de l’activité commerciale (au fond de l’unique boulangerie ouverte, qui ne vend que des bûches ramollies, une pauvresse se chauffe devant les fours). La pierre grise du vieux beffroi est tatouée de couleurs vives par une batterie de projos, on dirait une pute chinoise qui exhibe son dos plein de dragons et de fleurs tropicales pour affoler le micheton.


A la gare, les voyageurs au départ ont l’air de rescapés tout heureux d’attraper le TGV de Paris. Une fois celui-ci parti il ne reste qu’un gros train régional qui vrombit doucement sur une voie latérale. Les wagons sont éclairés mais il n’y a personne à leur bord ; le téheuère ne bougera sans doute pas ce soir et je ne comprends pas pourquoi son moteur tourne. Je monte et descend les quais pour prendre quelques vues, je monte sur la passerelle qui enjambe les voies et permet de se rendre là où je ne veux pas aller. Je ne suis absolument nulle part, c’est photogénique et ça me plaît. N’importe qui pourrait sortir du noir : mon père, Jésus, la mort. Mais je ne croise qu’un type maigrichon et pressé. Le crachin vient, puis la drache

 

 

Le-cauchemar-de-la-maison-de-pain-d-epices.JPG

 

 

Le beffroi tatoué comme une pute chinoise

 

 

Lumieres-floues-sur-la-grand-place.JPG

 

 

Elle-part-et-pas-moi.JPG

 

 

Derniere-occasion.JPG

 

 

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Soleil-de-nuit.JPG

Par Ali Devine - Publié dans : Moi-même personnellement
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Vendredi 21 décembre 2012 5 21 /12 /Déc /2012 23:25

Une amie qui déménage me laisse des plantes de sa terrasse. Parmi elles, un arbuste en pot, sans doute un forsythia. Sur mon balcon il est rapidement évident qu’il va mourir : le soleil lui manque, et de toute façon ses racines débordent du pot, à la recherche désespérée d’un terreau qu’elles n’y trouvent plus. Je prends ce végétal en pitié et décide de la replanter dans un terrain vague proche de chez moi, un ancien jardin racheté par la mairie qui a fait le choix de laisser la nature y reprendre ses droits. L’endroit est beau : un vieux frêne couvert de lierre, mangé de gui ; un fruitier magnifique aux énormes branches moussues ; un saule, des haies hirsutes. Entre les arbres, le gazon hésite encore à devenir une prairie. Je me mets au travail. Je suis ému car je n’ai plus planté d’arbre depuis l’enfance. J’avais fait germer un marron de ma cour d’école et je l’avais mis en terre au fond du jardin de mes grands-parents. En deux ans sa taille dépassait la mienne. -Inexpérimenté, j’ai acheté une pelle pour l’occasion, alors qu’il aurait fallu une bêche, et creuser un trou assez large et profond me donne du mal. Sous une mince couche d’humus grouillant de vers gras comme des boas, la terre est argileuse et pleine de caillasse ; le fer de la pelle cogne à chaque effort sur des silex, des blocs d’un minéral calcaire. Je trouve aussi de petits objets métalliques, clous, fils de fer, et des débris minuscules d’une vieille vaisselle de faïence bleue. L’esprit travaille aussi : je creuse ma tombe, je commence la tranchée où je passerai quatre ans de guerre, je cherche un trésor, je découvre des vestiges rêvés par tous les archéologues du monde. J’écris un livre qui ne serait rien d’autre que le compte-rendu du creusement d’un grand trou, de la visite rétrograde de toutes ces strates et de ce qu’y trouve le terrassier : lui-même, sans doute. Il pleuvine et ça caille. J’ai de la boue jusqu’aux genoux. Les muscles de mon dos tirent et ma paume droite chauffe au rouge. Mais je me sens si bien. Ma peau fume et colle mes habits, je chante. Voilà, le trou est fait. Je vais au bord de la rivière pour dépoter l’arbuste. Il est si serré dans sa carapace que quand je parviens enfin à la faire glisser, les racines en conservent la forme exacte, ne laissent tomber en poudre qu’une poignée de terre morte. C’est à se demander comment il a pu survivre. La pensée que je le sauve (que je la sauve de la mort par la faim) est bonne comme un vieil armagnac. Je trempe longuement la motte dans l’eau brune. Bois, mon pauvre, bois. Puis je retourne à mon trou. Pose de la plante, pelletage de terreau mêlé de l’argile locale. J’essaie d’atténuer les traces de mon passage, mon piétinement dans la boue, avec des touffes d’herbe et des feuilles mortes. Je dis une prière pour ce vivant : Seigneur, donne à l'arbre de grandir, de faire sève, feuille et fleur et racine, afin qu’il puisse lui aussi te rendre grâce comme moi en ce moment. Amen. Puis je rentre, et le temps passe. Je pense souvent à lui. Je me figure la pluie tombée et la matière qu’il absorbe dans le secret du sol, j’attends le printemps pour lui, pour la joie de le voir reverdir. J’en suis presque plus proche que de gens à qui pourtant je dis « bonjour, comment ça va ? » Je vois son débordement de pétales jaunes, que je photographierai à l’intention de son ancienne propriétaire. Je n’ose pas encore retourner le voir.

 

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Il y a quelques jours j’ai osé. Quelqu’un avait tenté de l’arracher en tirant comme un fou sur la branche principale. Celle-ci est cassée. Beaucoup de racines apparaissent et certaines semblent avoir été sectionnées délibérément. J’éprouve de la colère, puis du chagrin, puis je me résigne. Le résidu de ces humeurs est un certain sentiment de solitude. Bonjour, comment ça va ? 

Par Ali Devine - Publié dans : Moi-même personnellement
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Jeudi 13 décembre 2012 4 13 /12 /Déc /2012 17:25

 

Je prie mes bien-aimés lecteurs de consentir au sacrifice de quelques neurones, pour prendre connaissance de ceci :

 

 

Reportage en vérité admirable dans sa volonté de ne pas comprendre.


Quelques observations d'abord sur ce qu'il nous montre.


Premier point : le CPE qui est parvenu à ramener l'ordre et la discipline dans cette zone de non-droit est très impressionnant par son charisme -même si on ne peut s'empêcher d'observer qu'il ne parvient pas à convaincre un élève un peu farceur d'ôter sa casquette en rentrant dans les locaux. C'est également un pur génie de la pédagogie. Punir les élèves dès le premier manquement ! Alterner sévérité et dialogue ! Inscrire les termes "respect" et "politesse" dans le règlement intérieur ! Voilà assurément des recettes auxquelles ses collègues de Seine-Saint-Denis et des quartiers nord de Marseille n'avaient pas pensé, et qui mériteraient d'être généralisées au nom de l'innovation et de la mise en commun des bonnes pratiques. 


Second point : pour améliorer les résultats, il a été nécessaire de diversifier le recrutement en attirant des élèves des classes moyennes et de reconstruire intégralement les bâtiments. Ces coûts ne sont pas négligeables : le pauvre petit Pierre risque de se faire bolosser jusqu'à ce que ses parents, de guerre lasse, décident enfin de l'inscrire dans le privé ; quant aux nouveaux locaux, ils sont absolument superbes, et ils peuvent l'être car le Conseil général y a tout de même investi 13 millions d'euros (dont 130.000, 1 % culturel oblige, pour une indispensable oeuvre d'art, L'horloge chromatique ou les couleurs du temps, de Carole Rivalin et Franck Bragigand, exposée dans le hall du collège). 


Il y a, d'après les seuls chiffres que j'aie pu trouver (le site de l'académie de Nantes donne extrêmement peu d'informations concrètes, et celui de l'établissement est une coquille vide bien qu'il soit indirectement financé par l'Union européenne), il y a donc deux classes de troisième au collège Sophie-Germain, pour un total de 29 élèves. Si le taux de passage en seconde générale est passé de 40 à 60 %, cela signifie que 17 ou 18 élèves en ont bénéficié l'an dernier au lieu de 11 ou 12 autrefois. Je sais que tout ne peut pas se ramener à des questions de coût et de bénéfice, mais ne peut-on au moins s'interroger sur la déontologie de journalistes présentant cette statistique comme la preuve d'un admirable succès ? On peut par ailleurs se demander si le nombre plus important d'élèves "sauvés" (le passage en seconde pro ou en CAP étant ici considéré comme un échec honteux) n'est pas dû, tout simplement, à la mixité que l'on a voulu introduire dans l'établissement : ceux qui, naguère, réussissaient ailleurs, réussissent désormais à Sophie-Germain ; les autres continuent de se planter dans des proportions inchangées.


Cette hypothèse est corroborée par un fait que les journalistes de France 2 passent totalement sous silence, en raisons d'investigations insuffisantes (un quart d'heure de navigation sur Internet leur aurait pourtant suffi), de biais idéologiques (les termes "mixité", "République" et "diversité" ayant été insérés dans le reportage, leur job était fini) ou de contraintes matérielles (l'établissement choisi se trouve à proximité d'une gare TGV : on débarque du train de Paris, on a 6 heures pour engranger des images, et on fait le montage dans le train du retour). Le fait occulté est le suivant : le collège en question se trouve au coeur d'un vieux quartier de HLM et de friches ferroviaires (Malakoff - Pré Gauchet) qui, depuis l'an 2000, fait l'objet d'une opération de réhabilitation dite "Grand projet de ville" pour un montant global de 268 millions d'euros. Mon propos n'est évidemment pas de décrire dans le détail cette opération lourde et sans doute nécessaire. Disons simplement qu'elle a entièrement transformé l'identité du quartier : diminution de la part de l'habitat social au bénéfice de logements en locatif libre ou en accession à la propriété, énormes travaux de désenclavement, politique volontariste d'implantation sur le site d'équipements, de services publics et d'activités économiques, etc. Peut-être cette métamorphose à un quart de milliard a-t-elle aussi eu un certain impact sur la composition de la population, ses conditions de vie, et en définitive la trajectoire scolaire de ses enfants ?


Par ailleurs les journalistes ne mentionnent pas non plus le fait que le collège Sophie-Germain est classé "Ambition réussite". A ce titre il bénéficie d'un taux d'encadrement exceptionnel (le nombre moyen d'élèves par classe est normalement inférieur à 20) ainsi que d'une sollicitude particulière, non seulement du Ministère, mais aussi des collectivités locales qui sont amenées à se pencher sur son cas. J'invite les lecteurs à jeter un coup d'oeil sur le document suivant, qui détaille les sommes versées à l'établissement par la Ville de Nantes dans le cadre du "Contrat éducatif local". 3.600 euros pour une action "d'appropriation d'un territoire nouveau par ses habitants" (qui va concerner 20 élèves), 1.500 euros pour un atelier capoeira, destiné à "développer le respect de l'autre et la mixité" (et qui va concerner 15 élèves), etc. On notera avec intérêt que le CEL accorde des sommes très largement inférieures aux collèges nantais ne bénéficiant d'aucun label discriminant (Aristide-Briand, qui scolarise trois fois plus d'élèves, touche royalement 1.400 euros). 

 

En définitive, il est assez clair que si la situation de ce collège s'est (un peu) améliorée, ce n'est absolument pas parce que M. le CPE contrôle les carnets de correspondance à l'entrée ; ce n'est pas vraiment parce que le département de Loire-Atlantique a financé rubis sur l'ongle des locaux tout nouveaux tout beaux (avec des cuiseurs solaires sur le toit !) ; ce n'est même pas parce que Pierre a été jeté dans la gueule du loup. Ce reportage, d'une durée assez rare de plus de 4 minutes, et diffusé dans un journal télévisé suivi par 4,8 millions de spectateurs en moyenne, est donc très incomplet voire franchement malhonnête. 


Je prie par ailleurs les lecteurs éventuels de ce billet de se souvenir des faits et des chiffres produits ici la prochaine fois qu'un zozo quelconque se plaindra de l'absence de volontarisme de l'Etat face au désolant problème des ghettos scolaires. Boulanger nantais, garagiste de Guéméné-Penfao, employé de bureau lavallois, patron de PME à Chalon-sur-Saône, nous avons tous un peu payé pour le bien-être et la réussite des collégiens de Sophie-Germain ; même si, c'est vrai, nous avons beaucoup moins payé que Pierre.

Par Ali Devine - Publié dans : Instruction publique - Communauté : Education
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Mercredi 12 décembre 2012 3 12 /12 /Déc /2012 14:30

 

Didactique des langues étrangères. Construire ses savoirs de façon concrète et ludique :


 

 

Solidarité intergénérationnelle. Sensibiliser les enseignants les plus âgés aux nouvelles technologies :


 

Mettre l'élève au centre du système (et lui donner le goût des beaux textes) :


 


 

 

"Ne laisser personne au bord du chemin". Le raccrochage des décrocheurs :


 


 

 

Gestion de classe sensible en binôme (niveau avancé) :


 


 

 

Télétravail dans l'enseignement professionnel et adaptation à la diversité des publics :


 

 
Par Ali Devine - Publié dans : Instruction publique - Communauté : Education
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