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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 19:36

Connaissant mal Mme Taubira et désirant remédier à cette ignorance, je me suis penché sur un document où elle a eu l'occasion d'exprimer sa vision de la France et des transformations qu'elle y apporterait si le pouvoir devait parvenir entre ses mains : il s'agit du programme qu'elle a défendu lors des élections présidentielles de 2002. Il est très vraisemblable qu'elle en a été la principale voire l'unique rédactrice.


Dans un style que l’on peut trouver, selon ses goûts littéraires, flamboyant ou pompeux (j’incline vers la deuxième appréciation), Christiane Taubira commence par expliquer pourquoi elle est candidate. C’est effectivement une question intéressante. Elle ne bénéficie alors que d’une mince notoriété, si ce n’est pour avoir été la rapporteure de la loi « tendant à la reconnaissance des traites et des esclavages comme crimes contre l’humanité » -loi mémorielle au mieux inutile et dont le seul effet concret est d’avoir provoqué quelques années plus tard des poursuites judiciaires contre un historien ayant commis la faute de bien faire son métier. A part cela, la quasi-totalité de ses interventions de députée (questions écrites et questions au gouvernement) au cours des Xe et XIe législatures, c'est-à-dire de 1993 à 2002, a porté sur les DOM et en particulier sur sa chère Guyane ; ce qui n’a évidemment pas contribué à la faire connaître ou apprécier en métropole, ni à la désigner comme une postulante crédible à une candidature présidentielle.


Mme Taubira a de surcroît été investie par le parti radical de gauche sans en être membre, et contre l’avis de plusieurs des figures de cette formation politique (Emile Zuccarelli qui préfère se rallier à Chevènement, Roger-Gérard Schwartzenberg qui avec une certaine clairvoyance critique une candidature créant division et confusion à gauche). Poussée par Jean-Michel Baylet, président du parti mais empêtré dans une vilaine affaire d’abus de bien sociaux, elle est également parrainée par… Bernard Tapie, officiellement retiré de la politique active depuis un passage en prison consécutif à l’affaire OM-VA. Notre Nanard national n’a pas oublié que celle qui n’était alors qu’une jeune parlementaire fut la quatrième de sa liste aux élections européennes de 1994. Les ambitions présidentielles de son amie (c’est encore ainsi qu’il l’appelle quand l’occasion se présente) suscitent son enthousiasme : « Moi, quand Jean-Michel m'a parlé de ta candidature, j'ai dit c'est fabuleux, parce que tu es une femme, que tu es black (...) C'était le symbole idéal. (…) Tu dois être celle qui va intéresser sur ton nom des gens que personne n'intéresse. Et ça représente quoi ? 4... 5 millions de personnes ! » On observe au passage avec un certain intérêt que ce ne sont pas les méchants racistes de la Manif pour tous qui ont, les premiers, racialisé le discours au sujet de l’actuelle Garde des Sceaux : ce sont ses amis et promoteurs.

Mais passons, et revenons-en au programme présenté en 2002 par Mme Taubira, et aux motivations profondes de sa candidature.

 

Ce texte commence par rappeler un fait d’actualité brûlant : les sifflets contre la Marseillaise, lors du match de football France-Algérie, au mois d’octobre 2001, soit six mois avant le premier tour. Christiane Taubira manifeste son empathie à l’égard des voyous maghrébins, qu’elle compare aux athlètes noirs américains brandissant leur poing ganté lors des Jeux olympiques de Mexico : mêmes injustices subies, même déni de la bonne société, même révolte des victimes. Puis elle se lance dans une tirade assez sidérante si l’on veut bien se souvenir 1) qu’elle se proposait alors de devenir chef de l’Etat français 2) qu’elle avait été pour cela investie par l’une des composantes de la « majorité plurielle » de Lionel Jospin. J’en cite ici trois paragraphes, qui donneront une idée assez claire de l’ensemble :

 

« Quand comprendront-ils [ce pronom désigne "ceux qui gouvernent le pays "] que ce n’est pas en cabotinant au nom de la France et en traitant de sauvageons une partie de ses enfants humiliés, en réclamant pour eux des maisons de correction, en jetant sur leurs parents, leurs amis, leurs voisins un regard uniformément réprobateur, en exigeant d’eux respect de la loi et des biens sans vraie contrepartie éducative ni perspective d’insertion, en ignorant leurs succès dans les arts, les sciences, les techniques, la littérature, outre le sport et la musique, quand comprendront-ils que ce n’est pas en occultant la déshérence de ceux qui ont cru aux vertus de l’effort, à la méritocratie républicaine, à l’ascenseur social, que ce n’est pas en les stigmatisant aveuglément qu’ils apaiseront les légitimes sentiments de révolte, qu’ils réduiront l’illusion protectrice des citadelles identitaires ?

Quand comprendront-ils qu’ils n’obtiendront nulle soumission à menacer les parents de suspendre les allocations familiales, sans assurer à leurs enfants l’égalité des chances, sans leur reconnaître le droit d’être eux-mêmes, simplement d’être, de conserver l’héritage précieux d’une histoire, d’une langue, d’une religion ? Quand comprendront-ils que la violence d’un urbanisme qui a bâclé des forteresses au bord des autoroutes, reléguant ensemble, soi-disant par hasard, des familles d’origine coloniale ou d’origine française rurale, les oubliés du progrès, les blessés de la croissance, les bernés de la prospérité ? Quand comprendront-ils que Loft story et Star Academy ne sont que des mirages plus fertiles en frustrations qu’en espoir, et qu’une partie de la jeunesse de France peine à croire qu’elle a droit à sa juste place au soleil de la vie ?

Car c’est bien d’elle qu’il s’agit d’abord. De cette jeunesse de France refoulée dans la honte de parents soumis aux impôts locaux mais privés de droits civiques, acculée au ressentiment des contrôles incessants, forcée à s’habituer à la peine de mort sans sommation, tentée par la loi du talion et les charmes du caïdat. »

 

 

D’un côté, une jeunesse innocente, vertueuse et débordante de talent ; de l’autre côté, de méchants « ils », proprement innommables, qui discriminent, insultent, humilient, relèguent, trompent par des promesses faites sans intention de les tenir, piétinent des droits aussi fondamentaux que celui à l’instruction, assimilent atrocement et finalement assassinent. Houria Bouteldja ne dirait pas mieux : c’est ce que l’on serait tenté d’appeler du lepénisme inversé.

On se trouve face au paradoxe d’une déclaration de candidature à une fonction symbolisant l’unité de la nation française, qui dès ses premières lignes oppose les Français les uns aux autres, en répartissant les rôles en victimes et bourreaux. Bien sûr on pourrait arguer que seuls certains politiciens français sont visés par cette charge (on reconnaît notamment, dans les lignes qui viennent d’être citées, les profils de MM. Chevènement et Chirac). Mais c’est en fait le portrait d’une société structurellement raciste et hostile qui nous est faite ici : ce n’est pas qu’il y ait des injustices, c’est que l’injustice est partout, et on ne peut vraiment croire que pareil système se soit échafaudé sans l’assentiment des Français.


Cette violence est d’autant plus étonnante que, en d’autres temps, Mme Taubira avait donné de l’immigration et de ses conséquences sociales un tableau nettement plus équilibré. En 1993, alors qu’elle n’était encore candidate qu’au mandat de député pour la première circonscription de la Guyane, pour le compte du mouvement Walwari (une formation locale vaguement de gauche, vaguement autonomiste), elle avait en effet co-signé un manifeste dont elle était sans doute aussi la principale rédactrice –le style en est inimitable. On y lit notamment pages 20-21, après un éloge convenu du métissage culturel créole et avant quelques larmes convenues sur la souffrance des migrants, les phrases suivantes :


« L’immigration, dans ses débordements actuels, risque de battre en brèche les efforts collectifs pour la convivialité.

L’immigration, ce n’est pas un slogan.

C’est une menace réelle ou vécue sur la conscience de l’identité collective.

C’est une source de panique pour le repli sur soi.

C’est une source de profits.

C’est une arme de chantage.

C’est un bouc émissaire.

C’est un spectre qui empêche les agriculteurs isolés de rejoindre leur abattis. »


Il est évident que les contextes guyanais et métropolitain sont extrêmement différents, mais pourquoi ce qui est inquiétude légitime pour les gens de Cayenne ou de Saint-Laurent du Maroni devient-il déplorable exclusion xénophobe à Créteil ou à Bobigny ? Le sort du retraité isolé empêché de rejoindre sa supérette mérite-t-il moins de compassion que celui du paysan ultramarin ?

En fait, notre héroïne paraît avoir bien appliqué les conseils de son spin doctor bénévole Bernard Tapie : il faut viser le vote d’un certain segment de la population et y aller à fond, flatter la jeunesse issue de la diversité et les antiracistes à poil dur, quitte à s’aliéner tous les autres. Diviser pour mieux racler. Une bien belle stratégie, qu’il serait dommage de n’utiliser qu’une fois.

 

Quel moyen, finalement, d’échapper à la guerre civile larvée que nous décrit Christiane Taubira ? Son programme présidentiel propose quelques pistes qui, comme on le verra sous peu, ne manquent pas d’intérêt ; mais l’espoir principal, pour la cohésion de la société française et le salut de la République, c’est Christiane Taubira elle-même. La candidate se présente en effet sans vergogne en garante et presque en incarnation d’une possible réconciliation nationale : « moi qui par choix, par fidélité et par nécessité, passe d’un univers à l’autre, je sais que je dois être là, visible et audible, pour dire (…) que cette diversité culturelle donne de la fragrance à la variété des territoires » (oui, elle a vraiment écrit ça). On reste interdit devant les prétentions messianiques qui sont ici exprimées. Mais elles se situent dans la continuité du discours politique tenu par Christiane Taubira depuis ses débuts nationaux. Dans le document de 1993 cité plus haut, et suggestivement intitulé « Charte pour un souffle nouveau », le futur député est désigné comme « l’Élu », et les références bibliques affleurent. Et en 2013, lors du séminaire organisé par Bernard-Henri Lévy et sa revue La règle du jeu, celle que la République a élevé à la tête de l’un de ses ministères régaliens déclare encore : « j’ai l’impression d’être malgré moi le vecteur, le motif, d’un grand moment d’interrogation sur nous-mêmes. »


Il est vrai que, désormais, Christiane Taubira aurait tort de réfréner ses élans, car une bonne partie de la gauche gouvernementale et intellectuelle semble lui avoir octroyé, et avec quel enthousiasme, le statut exceptionnel auquel elle prétend. Ainsi l’un de ses premiers mentors, Jean-Michel Baylet, a-t-il pu déclarer lors du meeting de la Mutualité : « Oui, Christiane, nous t’aimons (...) Nous sommes tous Christiane Taubira et c’est une armée de Christiane Taubira qui va se dresser devant eux. » Auprès d’une assemblée d’individus sensés, pareille déclaration aurait dû provoquer une immense crise d’hilarité, suivie de l’internement du comique. Mais M. Baylet a été applaudi, et il court toujours.

 

(Un souvenir personnel, sur les débuts de cette épidémie d’antiracisme dévoyé. Nous sommes à l’automne 2002, mon amie Rebecca m’a invité à dîner. Elle forme avec Arnold un couple en bon chemin vers les sommets de la réussite sociale : elle est juriste et a intégré un cabinet spécialisé dans le droit des affaires, il fait du conseil aux entreprises, ils gagnent tant d’argent qu’alors qu’ils ont à peine trente ans ils ont déjà pu s’acheter un vaste et bel appartement dans le quinzième arrondissement de Paris. Ils bossent comme des fous, ils voient très peu leurs enfants, et ils ont donc embauché une nounou algérienne, qui ne travaille que pour eux et passe parfois quatorze heures par jour avec les garçons. Avec un certain tact, Rebecca a refusé de me dire combien elle payait cette personne ; ce serait vexant d’apprendre qu’elle gagne deux fois plus que moi, qui ne suis à cette date qu’un rien du tout au smic, logeant en petite couronne avec ma femme chômeuse. -Bref je suis jaloux, j’ai de moins en moins de choses à dire, et je tente de relancer une conversation languissante en lui demandant pour qui elle a voté aux élections présidentielles. Moi-même je m’en veux un peu d’avoir donné ma voix à Jean-Pierre Chevènement ; c’est dans ses idées que je me retrouvais le mieux, mais je me sens coupable d’avoir contribué à l’injuste élimination de Lionel Jospin, l’un des moins mauvais dirigeants que la France ait eu depuis plusieurs décennies. En réponse à ma question, Rebecca me dit, avec un sourire de fière malice, qu’elle a voté

« -Tubiani.

-Tubiani ? Il y avait un candidat qui s’appelait Tubiani ?

-Euh, non, attends, je me trompe… Tabiro ?

-Ah, mais non ! Tu veux parler de Christiane Taubira !

-Oui ! Voilà ! C’est elle !

-Ah bon. Mais, euh… pourquoi ? Qu’est-ce qui te plaisait chez elle ? »

Elle a un geste évasif. La politique ne l’intéresse pas beaucoup. Et elle ne peut pas me dire la vérité, qui est qu’elle trouvait transgressif et amusant de voter pour la première femme noire à avoir jamais postulé à la fonction. Elle préfère me parler des vacances passées dans une île lointaine, Caraïbes ou Mascareignes, où sa famille se retrouve et se ressource.

 

Je n’insiste pas. Je ne verrai plus beaucoup Rebecca par la suite. J’ignore ce qu’elle est devenue. Le plus probable est qu’elle soit restée riche, apolitique et audacieuse.)

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commentaires

Robert Marchenoir 02/12/2013 18:55


Suzanne, il y a, non pas une certaine indélicatesse, mais une saloperie radicale à traiter quelqu'un de raciste.


 


"Raciste" est une calomnie, "raciste" est une insulte, "raciste" est une menace (puisque le "racisme" est puni de prison et de mort sociale et professionnelle).


 


Anti-raciste, c'est une expression codée pour dire anti-Blanc.


 


Relisez l'ignominie que vous venez d'écrire. Vous prétendez qu'il serait "indélicat" d'écrire des commentaires "racistes" sur un blog qui ne le serait pas. Autrement dit, il serait indélicat
d'exprimer une opinion différente de celle qui se tiendrait sur un blog.


 


Vous n'avez pas l'impression d'être légèrement communiste ou nazie, sur ce coup-là ?


 


Et qui êtes-vous pour prétendre que mon commentaire est "raciste" ? Et que ce blog ne le serait pas ?


 


Moi je suis un homme libre, Madame, et je vous emmerde.

Ali Devine 03/12/2013 10:36



Bon, Marchenoir, on pourrait discuter de vos idées, mais votre ton et vos invectives me déplaisent. Je ne vais évidemment pas vous bannir ni effacer vos messages, mais je vous informe que, d'une
façon générale, je ne vous répondrai plus si vous postez encore ici. Bonne continuation.



Suzanne 02/12/2013 15:29


Marchenoir, autant j'ai apprécié votre commentaire n°5, autant là...


N'auriez-vous pas l'impression, en réfléchissant un peu, qu'il y a comme une légère indélicatesse à laisser des commentaires racistes sur un blog qui ne l'est pas ?

Robert Marchenoir 02/12/2013 14:10


D'autre part, Taubira est "raciste".


 


Elle mène une politique ethnique, une politique délibérément favorable aux Noirs et défavorable aux Blancs, et comme par hasard elle est noire !


 


Mais ça n'a rien à voir ! C'est une pure coïncidence ! Au départ, elle pensait  militer contre l'immigration, pour une sévérité accrue contre les délinquants étrangers, pour la préférence
nationale, contre la nomination de Noirs à des postes ministériels, et contre la nomination d'Arabes incompétentes, anciennes auxiliaires de police dont le seul mérite est d'avoir écrit des
livrse accusant la police de racisme, à des postes de conseillers de ministres ! Et en fait, inexplicablement, elle a changé d'avis.


 


Mais c'est dû aux phases de la lune, ou alors elle avait ses règles, enfin je ne sais pas.

Robert Marchenoir 02/12/2013 14:01


Mais il est parfaitement justifié de faire des caricatures "racistes" de Taubira, Suzanne.


Ou alors, il faut interdire de représenter  Sarkozy en singe, Hollande en singe, George W. Bush en singe, et je ne donne là que quelques exemples.


Il faut interdire de représenter Sarkozy en nain. Sarkozy est petit. C'est du racisme de le traiter de nain. C'est raciste à son égard et c'est
raciste envers les nains.


Il faut interdire de représenter Jean-Marie le Pen en rat ou en étron.


Sur quoi voulez-vous que l'on se base pour caricaturer les gens, sinon, entre autres, leurs caractéristiques physiques ? Si vous allez par là, il est beaucoup moins raciste de caricaturer Taubira
en singe (ce que personne n'a fait, je vous le rappelle ; aucun caricaturiste de presse ne l'a représentée en singe, contrairament à George W. Bush ; mais là, on peut ! il est de droite ! il est
américain ! c'est un homme ! il est blanc ! feu à volonté !), que de représenter Le Pen sous forme d'étron.


Taubira est effectivement noire. Sa lignée est effectivement issue du continent africain, comme les singes. Elle est effectivement laide, tout comme les singes. Elle ne ressemble pas beaucoup à
un singe, mais beaucoup de Noirs ressemblent à des singes.


Où est le problème ? C'est la vérité qui vous gêne, ou la critique ? La critique qui va jusqu'à la caricature ? Mais alors, interdisons et la critique et la caricature !


Depuis quand la gauche veut-elle interdire la caricature ? Depuis que ça la touche, elle ! Plantu n'a jamais été inquiété pour avoir symbolisé par un rat les électeurs du Front nationa, ni pour
avoir caricaturé Le Pen en cochonl ! Alain Badiou n'a jamais déclenché de meeting à la Mutualité pour avoir comparé Sarkozy à un rat ! Mais là, on peut ! Ils ne sont pas de gauche !


Il faut interdire de critiquer les hommes politiques en fonction de caractéristiques physiques réelles ou supposées, comme le dit la loi.


Remarquez que personne, aucun blogueur, aucun militant de droite, aucun caricaturiste, n'a jamais traité Taubira de naine, alors que c'est une suce-debout. Elle est ridiculement petite. Il
devrait être consitutionnellement interdit de nommer des gens aussi petits au gouvernement, qui rabaissent la France dans tous les sens du terme.


On a raison [de se révolter] de caricaturer sauvagement Taubira. Cette femme est directement la cause que les Français se font insulter, voler, frapper, blesser, voler, brûler vifs, massacrer.
Cette femme est directement la cause que nos vieux se font violer et tuer chez eux au soir de leur vie.


Et il faudrait avoir des vapeurs parce qu'on la caricaturerait en singe ?


La représenter en singe, agiter des bananes à son passage, est beaucoup trop gentil. Les Français sont trop bonasses. Taubira s'en tire à bon compte.


 


 

Suzanne 02/12/2013 12:19


Il n'empêche que Christiane Taubira a été  l'objet d'insultes où ressortait un bon gros racisme. Les dessins du grand singe menaçant, sur fond de jungle effrayante,  il y en a eu . On
peut donc la défendre sur ce point, même si on la condamne sur le reste comme vous le faites. C'est de mauvaise guerre de reprocher à quelqu'un d'utiliser à son profit politique les attaques
racistes dont il est victime, objectivement victime. Je serais assez favorable à ce que la gosse mal éduquée de onze ans et ses parents maléducateurs se farcissent la punition légale prévue en ce
cas de figure, c'est à dire admonestation pour la mineure et amende pour les parents. Par mauvais esprit de justice automatique et réversible, j'aimerais bien aussi que les rappeurs qui veulent
autodafer un journal et couper les mains des journalistes se fassent réprimander comme ils le seraient s'ils étaient ...tiens, nazillons, par exemple.


Détail futile, je ne supporte plus les noirs qui te casent Césaire et/ou Senghor dans chaque discours, allocution, réplique. Totale overdose de purée racialiste. Ya personne d'autre ? Ah, si,
Luther King et Mendela. Oui mais dans les écrivains, poètes ? Ben non. Césaire et Senghor. Est-ce qu'ils savent que Gallimard a une collection "Continents noirs" (discutable appartheid,
d'ailleurs) ? Pourraient-ils changer de disque ? Donner leur chance à quelque poète ou philopsophe haïtien jeune et vivant, à défaut de citer Descartes, Voltaire et Rousseau ?


 

Ali Devine 03/12/2013 10:30



En ce qui concerne le second point, je crois que Taubira ne mérite pas ce reproche. Sa culture littéraire est réelle et, ce qui est très sympathique, c'est qu'elle la vit ; on sent que les poètes
qu'elle cite sont des fréquentations récurrentes et heureuses. Elle m'a fait découvrir Léon-Gontran Damas en le citant à l'improviste à l'Assemblée nationale, et elle a commencé son intervention
à la Mutualité par une citation d'Henri Michaux. Son style oratoire est ampoulé et déplaisant, mais je le préfère tout de même infiniment au filet d'eau tiède de la plupart de ses collègues.


 


Oui, Christiane Taubira a bien été victime d'insultes racistes, mais après les avoir condamnées et punies comme il convient (et je suis bien d'accord avec vous sur l'amende aux insulteurs ou à
leurs responsables légaux), il faut rappeler deux points :


 


*Christiane Taubira doit, de façon quasiment certaine, le portefeuille qu'elle détient actuellement à sa couleur de peau. Elle n'a jamais manifesté le moindre intérêt pour les questions de
Justice, elle appartient à une formation politique groupusculaire, elle a un passé assez chargé puisqu'on peut la considérer comme l'une des principales responsables de l'élimination du candidat
socialiste au premier tour en 2002, elle n'a pris qu'une part très discrète dans la campagne du candidat Hollande. Et pan ! La voilà numéro 3 du gouvernement. Pourquoi ? Pourquoi, si ce n'est
parce qu'elle permet au président de cocher sur sa liste les cases "femme" et surtout "diversité" ?


 


*Il y a globalement très peu d'insultes publiques racistes en France et si un fait doit être souligné, c'est celui-là, et non deux ou trois affaires lamentables que l'on monte en épingle pour se
donner l'impression de faire le Bien. La Manif pour tous, puisque vous en parlez, a été un mouvement absolument énorme, qui a mobilisé au bas mot des centaines de milliers de personnes ; et il a
été observé, scruté, surveillé avec un soin exorbitant par ses adversaires qui guettaient le dérapage fatal. Or, pendant plusieurs mois, rien, si ce n'est de la part de petits groupes d'allumés
(Civitas) dont la principale exaction a consisté à prier dans la rue. Je vous invite à lire ce fil de discussion, auquel j'ai eu l'honneur de participer :
le racisme et le fascisme font l'objet d'une impitoyable chasse au dahut ; sauf que le dahut n'est pas là.


 


Pour résumer, le sens de mon billet pourrait être : "Tu connais l'histoire du petit garçon qui crie 'Au loup, au loup !' ?"